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Editions

Amitiés Spirituelles

Méditations pour chaque semaine

 

Extrait

La parabole des Vierges sages et des Vierges folles se renouvelle chaque jour.

Regardons-nous agir : voyez-vous notre indolence, notre inattention à Dieu et la vitalité de notre égoïsme ? Voyez-vous, des uns envers les autres, le platonisme inopérant de nos amitiés mutuelles, et cette raideur qui empêche nos âmes de se verser les unes en les autres, et cette froideur qui nous rend incapables de nous exalter les uns par les autres ? Voyez-vous pour quelle cause nous parvenons si mal à réconforter les lassitudes, à secouer les indifférences des gens du dehors ?

C'est que nous sommes trop dans le vague, encore, trop dans l'irréalité de nos préoccupations personnelles, trop dans la nonchalance de nos foutes petites convoitises.

Il faut sortir de soi, à tout prix, et de propos décisif, ou sinon, un jour, de durs bergers nous pousseront, avec des lances en guise de houlettes.

Veiller, être éveillés, être vigilants : point de somnolences, point de rêveries, point de vague à l'âme, voilà ce que le Maître nous conseille. Ne fermons les yeux de notre esprit devant aucune laideur, ni aucune beauté, sous le trouble d'aucun plaisir, ni d'aucune douleur. Il faut se rendre compte de tout. Il n'est pas d'enquête ni d'analyse où le savant mette autant de précision, de liberté, d'honnêteté que le chrétien dans ses études sur lui-même et sur le monde.

Dans cette sphère partielle que la psychologie nomme le conscient, nous devons n'ignorer rien de ce qui s'y passe, nous devons tout y soumettre au contrôle de la Loi évangélique; ici, soyons les tyrans de nous-mêmes. Mais, lorsque nous avons reconstruit notre personne à l'image de Jésus, tel du moins que nous Le voyons, alors rendons la main à nos enthousiasmes pour appeler de toutes nos forces, que la discipline aura décuplées, une forme inconnue, plus haute, plus belle et plus vraie de Celui qui n'attend que notre cri pour descendre auprès de nous.

Joindre le Seigneur, c'est la chose la plus simple; c'est tellement simple qu'il nous faut de nombreux essais pour en découvrir le moyen. Revenons sans cesse aux éléments.

D'abord acquérir la plus forte puissance d'attention; puis une persévérance invincible; ensuite cette liberté intérieure qui nous rend incapables de regrets, quelque peine que nous ayons eue à obtenir un résultat, si le fruit de nos efforts nous est enlevé; enfin, le calme courage de ne rien craindre.

Tout cela se résume en un mot : la patience, la force d'accepter, la force de pâtir. La patience parfaite nous sacre rois de nous-mêmes; c'est pourquoi certains se sont écriés : ou souffrir, ou mourir.

Si l'on pouvait voir l'avenir de splendeur que la souffrance nous prépare, comme on accueillerait cette dure visiteuse, comme on la rechercherait, comme on la saisirait avec transport. Mais ce geste mystique, que quelques-uns accomplissent, cet embrassement de la Croix, cet embrasement secret, je ne puis y contraindre personne, je ne puis même pas demander à l'Ami d'y incliner personne. Vous êtes libres; vous devez choisir et vous décider vous-mêmes; je puis seulement vous redire : la Vérité, la Réalité, la Vie, elles sont par-là.

Je sais bien que nous sommeillons dans la nuit; au moins que l'étoile unique de la foi y luise; que les grands souffles de l'Amour l'embaument. L'allégresse n'est pas dans les choses; elle sera dans notre coeur, si nous en avons versé les impuissances et les scories dans le coeur incandescent de notre Maître, qui seul nous aime pour toujours.

Nous ne sommes faibles que dans la mesure où nous nous appuyons sur nous-mêmes; nous ne sommes tièdes que si nous n'alimentons pas notre feu; nous ne sommes craintifs que si nous restons seuls. Appuyons-nous sur le Très Fort; brûlons nos égoïsmes; attachons-nous au manteau du Grand Berger; Il n'est jamais plus heureux que lorsque nous L'importunons.

Notre esprit éprouve des lassitudes comme notre corps. Ce sont des ralentissements prévus et presque inévitables; il faut seulement s'efforcer d'en raccourcir la durée et d'en réduire au minimum la paresse.

De nombreux amis ont prié Sédir de leur donner pour chaque semaine de l’année une méditation sur laquelle ils pourraient fixer, tous les matins, leur pensée en union avec le Christ et par suite les uns avec les autres. De ce désir est né le présent recueil. Ces méditations, courtes, substantielles, jaillies du cœur, ramènent vers les sources de la vie.