les amitiés spirituelles

La Prière par Sédir

La Prière est, à notre point de vue, une élévation de notre être vers Dieu, dans laquelle, après avoir reconnu notre néant et nous être humiliés en Sa présence, avec la repentance de nos fautes, nous implorons Son Pardon et Ses grâces pour nos frères et pour nous. La vraie prière consiste donc à faire de nous-mêmes un simple réceptacle ou un canal pour la descente de ces grâces.


Il suit de là que la première condition de la prière est l’abolition momentanée de notre volonté personnelle et l’abandon complet à la Volonté du Ciel.


En effet, la prière n’a sa raison d’être que s’il existe un Royaume surnaturel d’où peuvent descendre sur notre terre des forces et des bénédictions. Pour recevoir ces dernières, il faut des organes spirituels, absolument comme pour recevoir des aliments matériels, il faut une bouche et un appareil digestif. Ces organes de la prière existent en nous à l’état rudimentaire, ils se développent par l’exercice.


C’est pour cela que le Christ a dit : « Veillez et priez, sans vous lasser ».


Ce n’est pas que Dieu ait besoin de nos prières ni qu’Il ignore nos infirmités et attende, pour les guérir, que nous les Lui demandions, comme s’Il voulait nous imposer des conditions. Non, Il veut que nous priions, à cause de l’éminente utilité de la prière pour nous et pour la Création tout entière qui regarde vers l’esprit de l’homme. En effet, comme nous l’avons expliqué plus haut, la prière rend possible la communication harmonieuse entre le Créé et l’Incréé, parce qu’elle constitue un appel vers le monde de la Grâce. Les forces supérieures peuvent alors descendre sans rien brusquer, sans rien détruire du Relatif, mais en le transmuant peu à peu, en le divinisant.


Si Dieu nous imposait Ses dons, nous ne pourrions jamais devenir des hommes libres et il en résulterait du trouble pour nous. On ne doit pas donner à manger à un estomac qui n’a pas faim, cela le chargerait inutilement.


La prière vraie, abandonnée, exempte de toute volonté personnelle, faite avec foi et humilité, est donc la chose la plus haute qu’il soit possible à l’homme d’accomplir, car elle établit le contact entre la Nature et la Surnature, entre le Relatif et l’Absolu. C’est pour cela que la prière vraie est très rare sur la terre.


Toutefois, même imparfaite, la prière est indispensable et féconde et il faut y persévérer jusqu’à ce que notre organe spirituel s’étant développé, nous sachions réellement prier. A ce moment-là, nous ne serons plus étonnés de voir nos prières souvent exaucées et le miracle nous paraîtra tout naturel. Le fait de voir marcher un paralytique, guérir un incurable ou brusquement se réconcilier d’anciens et irréductibles ennemis nous semblera aussi simple que de voir les autres faits ordinaires de la vie.


C’est là certes un idéal de foi encore éloigné de nous ; nous devons toutefois y tendre en nous efforçant à une prière inlassable qui s’étend sur toutes espèces d’objets et en remarquant que l’accomplissement de nos devoirs quotidiens, fait dans l’intention de plaire à Dieu, c’est encore de la prière et la plus efficace.


En fait, on peut et on doit appeler la protection du Ciel sur toutes sortes d’êtres et de circonstances qu’Il met sur notre route ; par exemple, avant d’entrer chez quelqu’un, en franchissant une porte, avant un entretien, en écrivant une lettre ou en rencontrant un ami ; en présence d’une détresse, d’une souffrance, même chez un animal, car tout autour de nous a besoin de notre prière et la sollicite silencieusement. Le moindre fait, même celui de jeter une lettre à la poste, n’est pas indigne de notre demande, car tout est vivant et tous les êtres sont solidaires.


Pour prier, les formules, le temps et le lieu ont peu d’importance ; le principal est l’élan qui jaillit du coeur. Toutefois, le Pater que le Christ nous a appris à prononcer est la formule par excellence ; elle renferme toutes les demandes ; en la disant, dans la pureté du coeur et avec l’humilité voulue, on fait participer le Christ à notre prière, ce qui rend possibles toutes les réalisations spirituelles. En d’autres termes, le Pater nous met dans l’atmosphère même du Royaume de Dieu.


A côté des demandes essentielles de l’Oraison dominicale, on peut et on doit ajouter celles qui nous sont inspirées par ce qu’on nous signale des besoins individuels et des souffrances de nos frères, aussi bien que par les besoins plus généraux des collectivités.


Par exemple, quand vous apprenez le cas d’une maladie, ou d’une détresse quelconque, morale ou matérielle, si vous êtes vigilant, vous ferez immédiatement et intérieurement votre demande au Ciel en faveur de l’éprouvé et de plus, vous noterez son prénom usuel, de manière à renouveler votre demande pour lui au moment de votre prière quotidienne.


Comme exemple de demande pour les besoins d’une collectivité, nous ne saurions mieux faire que de vous proposer de continuer vos prières en faveur de la France et, à cet effet. nous reproduisons le passage de l’appel pour notre pays, lancé par Sédir en 1925, et qui nous parait toujours d’actualité :



Nous demanderons à Dieu de faire descendre sur notre Patrie tout ce dont elle a besoin

pourl’accomplissement de sa mission providentielle.

Nous Lui demanderons la fertilité pour son sol,

les matières premières pour ses usines,

les découvertes utiles pour ses savants,

les nobles pensées pour ses philosophes,

les beaux enthousiasmes pour ses artistes,

l’énergie, l’intégrité, le sens pratique pour ses dirigeants,

une conscience scrupuleuse pour tous les citoyens et la paix entr’eux tous,

enfin, au dehors, la préservation des pièges tendus par les ambitions étrangères.

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