les amitiés spirituelles

Physiologie spirituelle par Sédir

Le corps de l'homme s'alimente, respire, se meut, matérialise les idées par un processus qui se répète pour une planète, un système solaire et même, dans l'invisible, pour le développement graduel de la conscience, du plan physique jusqu'au plan divin, développement dont le terme est le rétablissement de l'Adam universel dans sa patrie primitive: la Jérusalem céleste.

 

Il y a en l'homme invisible un très grand nombre d'organes inconnus. Aussi considérerons-nous dans l'être humain un corps physique et une âme divine; nous désignerons sous le nom d'esprit ou homme intérieur la série nombreuse de canaux, d'organes et d'êtres qui fonctionnent pour unir l'âme divine au corps matériel.


La triple alimentation de l'homme sur le plan physique se fait par trois organes: estomac, coeur et cerveau.


L'estomac reçoit la matière liquide et solide;


Le coeur reçoit la matière gazeuse: respiration;


Le cerveau reçoit la matière ignée: direction de l'organisme ou motricité et vie psychique.


Dans chacun de ces trois fonctionnements, un centre vital doué d'une énergie propre absorbe quelque chose venant de l'extérieur, le transforme, l'emmagasine, le distribue par des canaux, puis rejette au dehors ce qui est inutilisable.

 

Présentons maintenant quelques autres données: l'innombrable série d'actes qu'accomplit l'esprit de l'homme peut se partager quant au résultat en deux classes qui sont: le Pouvoir et la Science, qu'on rencontre rarement réunis chez le même individu. A la limite, ces deux ordres se confondent et certains hommes sont également puissants en oeuvres et en paroles. Mais Science et Pouvoir, ou, pour parler vulgairement, Théorie et Pratique, peuvent être également acquis par le cerveau et par le coeur ou plus exactement par le centre intellectuel et le centre animique. Nous aurons donc des savants ou théoriciens intellectuels: tels les néo-platoniciens, les philosophes mystiques et des savants animiques ou qui obtiennent la science par révélation: Jacob Boehme en est le type. Nous aurons aussi des praticiens intellectuels: ceux entraînés par des écoles de Magie (en Extrême-Orient) et des praticiens animiques qui sont ceux en qui le monde divin écoule sans cesse le flux de ses énergies. Notons que les types purs de chacune de ces quatre classes se rencontrent peu.


Nous allons maintenant tenter d'établir une analogie entre ces quelques données et les phénomènes de la physiologie. La sphère zodiacale, notre terre, sont dans le plan central biologique de l'invisible des organismes semblables à l'organisme humain. Les myriades d'âmes, qui vont, viennent, travaillent, montent et descendent dans les courants fluidiques à travers les planètes, les satellites, les soleils, suivent des chemins non pas symboliques mais réels. Avant qu'un monde soit peuplé, il est constitué dans la Volonté du Père et il se développe en même temps que des créatures lui sont envoyées, car il est lui-même une créature individuelle et intelligente. De même, dans l'homme, une cellule suit des chemins tout comme l'âme qui anime le corps dont elle fait partie et à travers lequel elle évolue. Voilà pourquoi le Seigneur a pu dire: « JE SUIS LA VOIE, LA VÉRITÉ, LA VIE. »


Quand un homme mange, au point de vue invisible, il existe une relation spéciale entre la famille à laquelle appartiennent les esprits des cellules matérielles de son corps et la famille spirituelle des aliments: des végétaux, par exemple, qui vont être ingérés. Les cellules de ce végétal possèdent une certaine intelligence et elles vont accepter, par une sorte de pacte conclu avec l'esprit collectif de leur règne, d'évoluer en passant de la sphère d'existence infra-humaine à la sphère humaine. L'esprit de ce végétal et les esprits de toutes les cellules composantes, chacune selon son degré, savent donc que, pour parfaire leur évolution, il leur faudra mourir à l'état le vie qu'elles ont expérimenté jusqu'à présent pour renaître à l'état de cellules osseuses, musculaires ou sanguines en passant par toutes les douleurs de la désintégration qu'elles vont subir pendant que l'aliment sera digéré par le suc gastrique. Telles cellules plus spécialement apparentées au règne minéral iront dans les os et ce n'est qu'après avoir fait un stage plus ou moins long dans ce plan d'existence qu'une nouvelle mort transformera leur tension vitale, c'est-à-dire placera leur esprit dans un nouveau département de l'organisme humain. Leur paradis, à elles, sera atteint quand elles seront devenues aptes à entrer en communication avec l'univers extérieur: par exemple quand, entraînées dans le lacis des capillaires, elles remonteront par les veines jusqu'au poumon pour recevoir de l'air atmosphérique une énergie nouvelle par laquelle il leur sera permis de devenir pour le corps tout entier une puissance biologique.


La voie de progrès de l'esprit humain est de tout point semblable. Attaché à un corps physique, il veut s'évader de sa prison de matière: il faut qu'il meure à tout ce qui constitue sa personnalité dans le plan de cette matière; mais c'est là un but idéal, le sommet d'évolution auquel puisse atteindre un ego incarné. Notons que la cellule osseuse peut être entraînée dans un courant de l'organisme et revenir à sa place ou bien elle peut s'incorporer complètement dans ce courant. De même, l'homme esprit peut être admis dans l'Invisible à titre de simple spectateur ou bien comme participant de la vie spirituelle. De plus, l'admission à la porte de ces différents appartements ne nécessite pas toujours une transformation radicale de la personnalité humaine. Nous allons essayer de l'expliquer.


L'Invisible, lorsqu'il se révèle à un être humain, ne peut le faire qu'en déterminant dans sa conscience un changement, une orientation nouvelle, en le transportant au-delà de son état habituel, en provoquant en un mot une extase. Mais il y a beaucoup d'extases, autant que de plans dans l'univers. On ne peut donc donner que des méthodes générales, des procédés que chacun réalise selon ses capacités particulières.


Le mystique, par exemple, lorsqu'il prie prosterné au fond de l'abîme de l'humilité, ne profère pas de paroles, mais la faim de son âme perce à travers les plans invisibles jusqu'à la source de toute vie.


Au mystique appartiennent les qualifications les plus proches de celles du Verbe universel qui circule partout, s'immole à tous les instants sur la croix des points cardinaux de l'espace; ainsi le sang va partout porter la vie, dynamiser les organes engourdis, se battre contre les agents perturbateurs venus du dehors, donner aux cellules graisseuses la force de se sacrifier pour combattre la maladie, etc... C'est donc le rôle le plus difficile puisqu'il s'agit de donner sa vie et cette voie demande à l'ego de mourir à soi-même sans cesse et sans hésitation, de sacrifier sans regrets ses attaches les plus profondes, de supprimer ses tendances les plus intimes, d'oublier complètement tout ce qui nous constitue nous-mêmes.


Bulletin septembre/octobre 1921



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