les amitiés spirituelles

De l’existence de l’invisible par Sédir

 « Toutes choses ont été faites par le Verbe. »

(Jean I, 3)

Mesdames, Messieurs,


Avant tout, je vous dois des remerciements cordiaux pour la faveur avec laquelle vous m’avez accueilli l’année dernière et que je vous vois me continuer cet hiver. Acceptez-les, je vous prie, en souvenir du Messager de Lumière à la suite duquel les plus secrets désirs de nos cœurs se hâtent dans la nuit de l’existence. Les objets de nos recherches, vastes comme l’Infini, exhalent un attrait impérieux, inépuisable et toujours plus enflammé, comme le Mystère divin dont ils sont les efflorescences indéfiniment renaissantes.


Je vous dois quelques détails sur les motifs qui m’ont fait choisit le sujet de nos causeries. Tous, vous êtes informés des points théoriques principaux du psychisme et de l’ésotérisme ; un bon nombre d’entre vous ont même approfondi telle ou telle tradition de l’antique Sagesse. Vos âmes, fatiguées des monotones horizons quotidiens, se sont lancées, avec la ferveur la plus candide, à la recherche des cimes idéales, des sublimités lointaines pressenties, des paysages de rêve où les dieu se meuvent, où resplendissent des statures surhumaines dans des gloires de volonté dont chaque rayon est un triomphe sur les êtres et les choses de la matière. Vous avez soupiré vers les tours d’ivoire de la Connaissance intégrale. Vous avez convoité l’extase du contemplatif, la baguette de l’hiérophante, le glaive invincible du mage, la nudité toute-puissante du solitaire anachorète, immobile et muet dans la luxuriance innombrable de la jungle. Rêves sublimes, espoirs qu’il faut vénérer.


C’est un peu comme cela que pense le bambin amené à la revue du 14 Juillet et qui, voyant les généraux et leurs panaches et leurs montures piaffantes, s’écrie qu’il veut devenir officier. Et, pendant trois jours au moins, il s’applique, il est sage et il rapporte des bons points. Il ne prévoit pas les années d’études, le dur internat de Saint-Cyr, les besognes fastidieuses, les marches forcées, les privations de la guerre, les blessures. Ainsi le débutant du spiritualisme se voit tout de suite général.


Et cet enthousiasme est heureux, parce qu’il nous faut des illusions par intervalles, pour réchauffer notre zèle. L’homme n’aime pas Dieu assez pour travailler par pure obéissance.


Quand certains initiateurs disent : « Ce que tu veux être, tu l’es », c’est une hyperbole grandiloquente. La Vérité, plus raisonnable, prononce : « Ce que tu veux être, tu le deviendras, si tu le veux avec persévérance ».


Nous allons nous entretenir cet hiver de ces vouloirs inlassablement réitérés, de ces persévérances obscures, de ces gênes silencieusement souffertes. Nous verrons comment ennoblir les bas soucis de l’existence, comment en rendre attrayantes les mornes besognes, comment, enfin, y découvrir les plus hautes lumières qu’il soit donné à l’homme d’apercevoir et les mystères les plus profonds sur lesquels il puisse pencher son intelligence.


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Quand certaines traditions enseignent que la matière est une scorie de l’esprit, une telle vue n’est pas conforme à la réalité intérieure ; elle n’est conforme qu’à l’opinion a priori que tel occultiste a conçue de la nature des choses. Si l’on admet les philosophies naturelles, les panthéismes émanationistes ou subjectivistes, comme l’ont fait beaucoup de systèmes ésotériques qui ne sont que des membres dispersés de la synthèse patriarcale antédiluvienne, l’univers apparaît logiquement comme un immense assemblage de sphères concentriques et dépendantes où la pure clarté de l’Esprit s’obscurcit en approchant des limites de la Création. Et cependant ce tableau n’est visible que lorsque l’on contemple le monde avec le seul regard de l’intellect, lorsqu’on l’étudie par le procédé progressif de l’expérience externe et interne et du raisonnement ; lorsque, en un mot, on aperçoit dans l’oeuvre du Créateur des forces mouvantes et non des êtres vivants.


Si l’on pouvait découvrir la plate-forme centrale de notre Moi et s’y asseoir pour observer de là l’Univers, si l’on pouvait regarder les créatures avec l’oeil de lumière éternelle toujours ouvert dans notre coeur, on s’apercevrait avec surprise que tout est égal aux yeux du Père, que tout Lui est, au même degré, proche et précieux, ce caillou comme Sirius, et le bandit comme le saint, qu’il n’y a ni haut ni bas, ni distance ni durée, selon le mode éternel de la Création ; on s’apercevrait surtout, avec une félicité sereine, que la connaissance expérimentale du Vrai est facile comme de voir le soleil au milieu du jour. Prenons acte de ceci ; simplifions-nous ; oublions, pour entendre la voix de l’Évangile, les voix mêlées qui nous arrivent des Écoles et des Sanctuaires ; souvenons-nous enfin que, pour bien faire quelque chose, il faut s’y adonner de toutes ses forces.


Les misères constitutionnelles nous entourent et nous pressent de toutes parts ; quelle infirmité est la nôtre ! Mais si, alentour, vont et viennent des Invisibles pour qui nous sommes de fort petites choses, d’autres invisibles également voisins nous regardent comme des dieux splendides et très puissants. L’homme est une antithèse déconcertante ; semblable à Dieu, il réunit, comme Lui, en sa personne, tous les couples d’antinomies.


L’homme est tout et rien ; actuellement il est l’ignorance, un jour il sera l’omniscience ; j’entends parler de cette science vivante et vécue, spéculative et réalisée par les actes, qu’aucune créature ne peut nous enseigner, serait-elle des millions de fois plus spiritualisée que nous, mais que le Messie nous a descendue du Trésor de Son Père et qu’Il nous offre chaque jour encore, frappant à la porte de notre âme avec une patience divine.


C’est parce que nous sommes si faibles, si gauches, si près encore de l’animalité, que le Père S’émeut au spectacle de nos misérables efforts, dont Il est pourtant le principe et le but secrets ; et, parce qu’Il est l’Absolu, chaque battement de compassion de Son coeur insondable crée un ange de miséricorde, de sollicitude et d’amour, et notre pauvre coeur tremblant se calme au vent frais des grandes ailes de l’invisible Envoyé. Or le chef de ces multitudes consolatrices, c’est notre Jésus, le Fils éternel, l’Alpha et l’Oméga.


Ainsi, nous sommes aidés ; une force longanime balance la force rigide de ce Destin qu’aux pays de Bharat on nomme le Karma. Toutefois, pour apercevoir la compassion divine, il faut lui être un peu apparenté, c’est-à-dire avoir accompli des actes de compassion humaine.


D’autre part, le Seigneur n’est pas un tyran fantasque ou capricieux. Quand Il nous donne un travail, Il nous en fournit les instruments ; ceci est de toute évidence. Toutefois certains hommes, qu’on appelle des sages, ne pensent pas ainsi. Ce corps physique, ce sensorium, ce mental,

tout ce qui nous procure la conscience pleine du plan physique, selon eux, tout cela n’existerait que pour que nous ayons la peine de le détruire, afin d’entrer en relation avec des plans autres que ceux sur lesquels la Nature nous a fait naître. Quand un apprenti a gâché un travail, le patron ne lui en donne cependant pas un autre plus difficile ; il lui fait recommencer le même. Ces sages dénient à Dieu une sagesse aussi simple.


C’est donc sur cette terre que se tiennent nos premiers devoirs, les inévitables, les indispensables ; c’est notre personnalité terrestre qu’il faut d’abord connaître, pratiquement ; ce sont enfin les rapports de ce moi avec le milieu où il habite qu’il faut expérimenter.


Voilà la carrière que nous allons parcourir ensemble dans cette suite de causeries.


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Toutefois, si l’on sépare l’Univers pondérable de l’impondérable, il ne reste plus, dans les creusets et dans les balances de l’analyse, que du vide. Les savants officiels admettent aujourd’hui une thèse que les initiés des anciens temples enseignaient depuis toujours : c’est l’existence d’un véritable monde de forces inconnues, imperceptibles, incompréhensibles. De cela les psychistes sont convaincus. Mais les savants se révoltent à l’idée que cet univers puisse être habité ; et toutes les preuves qu’accumulent les chercheurs spirites ne les convainquent pas. Ces négations n’ont pas d’importance ; elles sont dans l’ordre. Rappelez-vous l’accueil que les académiciens ont fait à la vapeur, au chemin de fer, au téléphone. L’impossible d’aujourd’hui est le banal de demain.


Et cependant je veux vous entraîner au delà de ces régions que dévoilent le magnétisme, le spiritisme, la magie et les sciences occultes. Vous êtes des pionniers ; il vous faut avancer, sans arrêt, toujours plus loin, sans plus de crainte des horizons que nous allons découvrir ensemble que de ceux que vous avez déjà explorés.


L’Invisible existe, mais le monde des fluides n’en constitue qu’une des mille divisions. Les fluides sont dans l’impondérable ce qu’étaient, dans les pondérables, les quatre éléments des Anciens : ce sont des milieux, des habitats. Et c’est avec les êtres qui peuplent ces pays inconnus que nous allons essayer de converser. Entreprise hardie, certes, mais moins chimérique peut-être que d’établir des relations matérielles avec les habitants de Mars. L’ethnologie décore des noms de fétichisme, d’anthropomorphisme, les manières d’envisager l’invisible dont nous allons nous occuper, et elle les donne comme caractéristiques des civilisations les plus rudimentaires. Ayons le courage ou la modestie de l’avouer, les sauvages n’ont pas toujours tort ; ce ne sont pas des ignorants complets ; ils savent des choses que nous avons oubliées, ils possèdent des sensitivités que nous avons oblitérées au profit d’autres développements.


Le sauvage croit que toute chose a son esprit ; il adore les phénomènes naturels, les forces météorologiques, tandis que l’homme très civilisé ne voit en tout que principes métaphysiques ou combinaisons d’énergies. Nous autres spiritualistes qui, par définition, par vocation plutôt, sommes des chercheurs impartiaux, des libres penseurs au sens étymologique du mot, sachons reconnaître que le philosophe et le nègre ne font qu’apercevoir chacun l’aspect contraire d’une vérité centrale.

 

Oui, l’idée abstraite existe, le concept métaphysique est un être vivant ; mais aussi bien des mondes invisibles évoluent autour de notre terre, au travers de notre terre, peuplés de races innombrables, parmi lesquelles se trouvent des créatures plus fantastiques que toutes celles dont les mythologies et les folklores nous disent les hauts faits.


L’Invisible est partout, pénètre tout, vivifie tout. Ce monde tangible, même s’il contient les quatre cent cinquante mille étoiles du catalogue de Bonner, n’est en face de la création universelle que comme un grain de sable sur une plage. De même que dans les vides inter-moléculaires des corps les plus compacts on trouve de l’air, de même le monde physique est baigné, pénétré, saturé par d’invisibles océans de forces inconnues, sur les terres et dans les cieux fluides desquels vont et viennent, se battent, s’aiment, hurlent et chantent des armées de créatures mystérieuses. Les solitaires contemplatifs en aperçoivent parfois quelques unités, et cette rapide vision suffit à éblouir pour toujours leurs prunelles désormais aveugles aux spectacles d’ici-bas.


Sans l’Invisible, le visible serait en une seconde vaporisé dans le Néant originel. L’Invisible est le grand réservoir de la vie, le générateur des forces terrestres, la semence de toutes les formes, l’alambic immense où elles accomplissent leurs incessantes métamorphoses.


Nous nageons dans l’Invisible comme les poissons dans la mer, comme les oiseaux dans l’air ; c’est par lui que tout nous arrive : aliments, idées, passions, maladies, catastrophes et joies ; c’est en lui que se déversent tous nos rayonnements. Intellect, magnétisme, intuition, volonté sont

construits avec les matériaux que ses ouvriers nous apportent. Notre corps, nos oeuvres, nos sciences, nos arts ne subsistent qu’avec le ciment plastique qu’il nous fournit.


Tels sont les objets que nous allons examiner ensemble. Comment l’Invisible intervient dans la physiologie, la famille, la société, la science, l’art, la religion ; comment il est la trame même de toutes ces choses ; comment c’est lui qui fait descendre les âmes, comment il les emmène vers d’autres demeures cosmiques, comment il prépare en nous les élargissements nécessaires de notre conscience ; comment enfin il dessille les yeux de notre âme et les habitue à fixer les splendeurs extasiantes de notre véritable patrie : voilà la carrière immense qui s’ouvre à nos investigations.


Mais j’ai besoin de votre aide pour la parcourir ; je vous demande de faire lever en vous le fervent désir de la Lumière et la vocation impérieuse d’en devenir les serviteurs fidèles.


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Quels rapports notre être physique entretient-il avec l’Invisible ? Autant à coup sûr que notre intelligence ou notre passionnalité. L’Invisible est partout, il est également proche de tout ; ses adaptations seules diffèrent.


L’individu a, en face de son milieu, des droits et des devoirs. Nos droits, nous ne les connaissons que trop bien ; nous en inventons même, selon les besoins de nos égoïsmes. Aussi nous occuperons-nous uniquement de nos devoirs.

 

Au préalable, qu’est-ce que l’individu ? Ce n’est pas notre corps physique, puisque, sans la vie, il demeure inerte ; ce n’est pas non plus notre mentalité, puisqu’elle ne déploie ses forces qu’au moyen du réactif psychique qu’on appelle la conscience. C’est donc le Moi qui est la racine de l’individu.


Toutes les forces qui entourent ce centre ne sont que des instruments, des organes pour la perception, l’émotion, l’intelligence et l’action. Nos premiers devoirs se rapporteront dès lors au plus nécessaire de ces instruments, à notre corps physique. C’est ce que les Anciens avaient admirablement compris. Mais ici se cache un piège assez subtil que je voudrais vous démasquer.


Puisque, disaient ces sages, — et leurs successeurs le répètent encore aujourd’hui — puisque la pure lumière de l’âme a besoin, pour se manifester à la conscience, de se tamiser sur les écrans de plus en plus opaques de l’organisme intellectuel, de l’animique et du sensoriel, si l’on rend ceux-ci diaphanes, le travail de celle-là est grandement facilité. En conséquence furent instituées plusieurs séries de règles pour obtenir une coordination plus parfaite, une aisance plus souple des mouvements biologiques des trois enveloppes terrestres du Moi.


Et cela semble d’une logique irréfutable. Mais avisons-nous d’une toute petite remarque. Le mécanicien qui veut perfectionner son moteur doit d’abord le connaître à fond ; si la plus petite vis ne lui est pas familière, s’il ne sait pas donner ici un coup de lime, verser là une goutte d’huile, démonter et remonter chaque pièce, il tâtonnera et provoquera des accidents. Le disciple qui soumet son corps physique à un régime alimentaire, son corps fluidique à un régime pneumatologique, son corps mental à un régime psychologique, son corps sentimental à un régime contemplatif, si scrupuleusement réglés à l’avance que soient ces régimes, ce disciple est un mécanicien qui lime, qui plane, qui tape et qui graisse au petit bonheur, et qui finit par faire tout sauter. Si son moteur marche, ce sera par hasard.


C’est ainsi que l’immense majorité de ceux qui suivent des entraînements pseudo-ésotériques aboutissent à de la consomption, à de la phtisie, ou à une pathogénie nerveuse et même mentale plus redoutable encore, parce qu’elle entame l’avenir post mortem du sujet. Cherchons le juste milieu. J’essaie de vous faire toucher du doigt les risques du végétarisme fanatique, du magnétisme personnel, de la magie cérémonielle, de la méditation systématique. Mais je ne veux pas dire que tout soin du corps est superflu, toute hygiène inutile et toute thérapeutique négligeable. Il ne faut pas rendre au corps un culte à la façon de certains Grecs, ni le condamner à un martyre perpétuel à la façon de certains ascètes religieux.


Ici encore la maxime de suprême sagesse se trouve dans notre Évangile. Quand cesserons-nous de chercher au loin les perles que la Providence a placées sous nos yeux ? « Vous valez bien plus qu’un passereau, dit Jésus, et tous les cheveux de votre tête sont comptés ». Le problème est bien simple. Purifier un organisme matériel avec de la matière demande une connaissance complète de notre corps et du médicament ; le purifier par des fluides, par le pouvoir mental, par la volonté, exige la même connaissance complète de ces forces, parce qu’elles ne sont que secondaires ; mais employer dans ce but la force principe dont ce corps et ces forces tirent leur origine nous donnera à coup sûr un résultat parfait, parce qu’alors la purification sera spontanée, automatique, libre des soins maladroits de notre immense ignorance.


Qu’est-ce que cette force-principe ? C’est l’Esprit. Aurions-nous donc à notre disposition plénière ce qui est le but suprême de tous les travaux des sages ? Oui, parce que l’Esprit, c’est l’Amour, c’est la Vie, et que notre Jésus nous a donné tout cela depuis deux mille ans.


La conquête du Ciel ne dépend point d’un régime physiologique, mais de la transformation de notre coeur. Ce coeur seul nous appartient ; tout le reste de notre personne n’est que dépôts confiés à notre gérance. Il faut soigner son corps, lui donner la nourriture, le vêtement, le sommeil, les remèdes et aussi les travaux ; tout cela est nécessaire pour le garder sain, pour en faire évoluer les principes vitaux. Donnons-lui même, quand l’occasion est favorable, un peu de superflu, sous forme d’élégance et d’eurythmie ; mais n’hésitons pas, quand le devoir l’exige, à lui imposer, avec la permission du Ciel, des fatigues et des privations.


Ornez votre corps parce qu’il est le chef-d’oeuvre de la Nature ; arrachez-en toutes les paresses parce qu’il est le temple du Saint-Esprit.


Et si tout temple recèle un mystère, bien plus notre corps contient-il la cristallisation même du grand mystère cosmique. Il faut se souvenir que c’est Dieu qui a donné aux dieux l’ordre et le pouvoir de construire notre corps. Le plus élémentaire des livres de physiologie nous confond en

nous détaillant la complexité, la richesse, l’ingéniosité et la délicatesse des différentes parties de ce corps ; la science humaine, l’industrie humaine n’ont fait, dans leurs plus grands efforts, que copier une fonction ou un organe de l’homme physique. Un muscle, c’est toute la mécanique ; une artère, c’est toute l’hydraulique ; un courant nerveux, c’est toute l’électricité ; une sensation qui devient consciente, une idée qui s’exprime, c’est toute la cosmologie. Et combien d’autres fonctions que nous n’avons pas pu encore comprendre ni reproduire !


Matières brutes que l’âme façonne, fleurs de l’évolution naturelle, cristallisations du Verbe, nos corps sont, en vérité, les membres du Christ.

Chacun de nous peut devenir physiquement, par une alchimie divine, une molécule de ces gemmes vivantes et intelligentes dont sera bâtie la Cité céleste. Ce corps de chair peut devenir, par le feu sublimant du travail vrai, une cellule étincelante du corps glorieux du Verbe, et le Saint-Esprit y résidera en réalité.


Permettez-moi de préciser. Ce Saint-Esprit, dont le Christ annonce au monde l’existence, n’est pas la lumière astrale des Paracelse, ni des Eliphas Lévi ; il diffère de la Shekinah des Kabbalistes, des Éléments hindous, de l’Ame du monde platonicienne ou hermétique : il n’est ni les grandes déesses de la Chine ou de l’Égypte, ni le Paradis des Chrétiens, ni les océans lumineux des Soufis ; il est la réalité essentielle et indicible dont toutes ces substances splendides et tous ces grands êtres éclatants ne sont que des ombres réfléchies sur les voiles des royaumes mystiques des différentes religions.


Nous ne nous imaginons pas la très haute dignité de l’homme vrai ; l’homme peut tout ce qu’il veut ; et ce privilège terrible nous impose du coup la surveillance la plus assidue et le contrôle le plus rigoureux de nos volontés.


Le désir, père de la volonté, et l’intention, sa mère, donnent aux actes leurs valeurs dans le relatif et dans l’absolu. Ici le goût de l’analyse devient néfaste. Ne séparez pas, unissez ; ne calculez pas les dynamismes physico-chimiques, électriques, magnétiques, émotifs, intellectuels, volitifs, pour l’examen des mobiles de vos déterminations ; car, plus vous serez savants, plus le nombre de ces facteurs augmentera. Notez-en six cent treize comme les kabbalistes, quatre mille trente-deux comme les taoïstes, moins comme les memphites, beaucoup plus comme certains yogis, vous serez toujours au-dessous du nombre possible des divisions du composé humain, et toujours aussi distants du réel point de vue.


La Nature a, en effet, concentré autour du Moi des énergies de toutes provenances, par dizaines de mille ; l’homme ne doit pas disséquer cet ensemble organique si harmonieux ; par-dessus tout il n’a pas le droit de supprimer un certain nombre de ces énergies sous le prétexte de les faire revivre sous une forme plus élevée. Le boxeur qui transforme en fibres musculaires trop de cellules graisseuses est un tyran cruel, au même titre que l’alchimiste qui fait parcourir en un an la courbe que la Nature met un siècle à laisser suivre au minéral, au même titre que le fakir qui mue en ondes magnétiques les forces sexuelles. C’est la sagesse humaine, des savants et des initiés, sagesse à courte vue et à long col.

 

Si les dieux rassemblent dans la circonférence d’une seule individualité tant d’êtres, de fluides et de substances disparates, c’est pour les conduire à un état de synthèse homogène. Ne trahissons pas les vues providentielles ; ne séparons pas ce que Dieu a uni. Donner au Père son intelligence, par exemple, et, pour rendre l’offrande plus digne, l’enrichir par la suppression d’une faculté physique, c’est vouloir entrer dans le lieu de la Paix avec des armes encore sanglantes à la main ; c’est faire pousser en serre les plantes spirituelles ; le premier vent de la montagne les fera périr.


Au contraire, il faut que tout notre être collabore à toutes nos activités. Quand le paysan laboure, qu’il laboure aussi avec son intelligence et avec son coeur ; quand le savant pense, que l’esprit de son corps accompagne l’esprit de son cerveau ; quand le saint aime, que ses pensées et ses membres collaborent à sa charité.


En un mot, vivons dans la plénitude de l’unité ; nous sommes les intendants de notre corps, non les maîtres ; il faut lui donner de la nourriture, du sommeil, de l’abri, sans pour cela obéir à ses instincts.


La ménagère débarrasse chaque matin sa maison de la poussière. La saleté, faite de décompositions et de déchets, est une créature de ténèbres ; la propreté, faite de vigilance et de soins, est une créature de lumière. Le corps a besoin de celle-ci et souffre de celle-là.


Tout marche, en ce monde, par couples de contraires. C’est pourquoi il faut entretenir les poumons, l’estomac, les muscles et la peau. Une hygiène scrupuleuse peut prévenir bien des faiblesses et bien des maladies. La peau est un exutoire, il faut en tenir propres les pores ; cela active la circulation, de proche en proche, jusqu’au centre cardiaque.


La propreté obtient encore d’autres résultats à plus longue échéance. Prenons quelques exemples. Voici un prolétaire qui se lève avant l’aube, après avoir dormi dans une chambre exiguë ; il revêt à la hâte des habits tout imprégnés de poussière, il se lave à peine, et pourtant il se garde

vigoureux et dispos ; la Nature le secourt ; son corps reçoit de l’atmosphère seconde le supplément de forces nécessaires pour compenser les soins qu’il n’a pas le temps matériel de prendre.


Voilà un employé qui est rentré tard d’un café-concert quelconque : première veulerie. Il se lève à grand’peine : deuxième veulerie. Il sort en courant après une toilette trop hâtive : troisième paresse ; et, des années plus tard, cela fait un pauvre corps fripé, un être vide, pusillanime, hésitant, et dont l’idéal est : ne rien faire.


Voyez, par contre, l’homme qui sacrifie tout aux dehors. A force de soigner sa tenue pour le plaisir d’être bien habillé, il attire l’esprit même de la banalité ; il devient un être neutre, poli, inexistant, incapable d’une pensée personnelle ni d’une préoccupation autre que celle des apparences.


Par contre, le savant, l’idéologue, l’artiste, perdus dans leur rêve, ont tort de se laisser prendre si totalement. Ils sortiraient, une demi-heure chaque matin, de leurs idées fixes pour soigner leur corps et leur tenue que tout n’en irait que mieux. Rien n’est constant dans la Nature, rien n’y est continu ; les laboratoires de la Sorbonne démontrent cela ; il en est de même dans le domaine des forces psychiques. Le cerveau ou le coeur toujours tendus se fatiguent et s’hallucinent.


Mais voyez enfin cet homme entre mille qui s’est voué au service de Dieu. Voilà notre idéal.


Cet homme aime son corps comme un bon ouvrier aime ses outils ; il soigne ce corps avec dignité, avec raison ; il lui donne le nécessaire et sait parfois ajouter un peu de superflu. Un organisme, pense-t-il, n’est pas une machine de fonte et d’acier ; un rendement uniforme l’épuise ; il lui faut de petits excès de travail et de petits excès de repos.


De plus, notre serviteur du Père sait que les gens se fient aux apparences ; il desservirait donc l’Idéal qu’il représente s’il montrait un extérieur négligé ou trop luxueux ; il se tient dans le juste équilibre ; il use de tout ce que la vie lui permet de recevoir. Aujourd’hui il a ses aises, une bonne santé, de la réussite : il est heureux et remercie le Père ; demain il sera misérable, malade et guignard : il sera encore heureux et remerciera avec plus d’effusion.


Ainsi, pour le commun des mortels, la sagesse, c’est de se conformer au destin, de s’accommoder des circonstances. Un homme est-il né prolétaire, qu’il accepte gaîment ; les ouvriers ont des joies que les riches ne peuvent se procurer. Un homme est-il né « fils à papa » et le vide

d’une existence de luxe lui est-il fastidieux ? Qu’il le supporte, qu’il utilise sa richesse pour se cultiver et pour agir socialement. Les riches ont des douleurs et des corvées dont les prolétaires ne se doutent pas.


Le riche qui donnerait sa fortune pour être délivré des soucis qu’elle comporte ne serait pas plus sage que le pauvre qui voudrait devenir riche pour jouir de la vie. Aucun homme ne devrait rien craindre. Riches, fixez la misère possible d’un regard calme ; misérables, ne vous troublez pas

devant des monceaux d’or ; ne soyez esclaves ni l’un ni l’autre, non parce que ces choses ne sont que des apparences. Au contraire, tout est réel ; mais tout ne doit valoir à nos yeux que comme le signe de la volonté divine ; n’adorez pas les signes ni ne les craignez ; aimez plutôt Celui qui les a faits.


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Voilà l’essentiel de ce que je voulais vous dire. Abordons maintenant le côté curieux ou mystérieux de la question, mais très vite, et pour que vous jugiez par vous-mêmes qu’« une seule chose est nécessaire ».


Si vous avez jamais lu les lois de Manou, le Mahava Dharma Shastra, vous vous souvenez sans doute d’un fort long chapitre qui règle minutieusement les rites des ablutions quotidiennes de l’Hindou. C’est quelque chose de stupéfiant. Des centaines de dieux sont invoqués, des vingtaines de gestes sont faits ; chaque goutte de l’eau dont s’asperge le brahmane nu reçoit une bénédiction ; chaque partie du visage et des membres est incantée ; tout l’Olympe du Mérou est mis en branle. Ouvrez le Talmud ; vous trouverez une complication aussi étonnante pour l’acte de se baigner ou de se laver les mains. Aucune religion n’a manqué de ritualiser ces Soins si naturels.


Notre catholicisme même donne, dans son Rituel, des formules pour consacrer, purifier, sanctifier toutes choses : le pain, les fruits, les aliments, l’eau, les maisons, les semences, les fontaines, les chemins

de fer, le télégraphe, les machines électriques, le beurre, le fromage, les chevaux, le bétail, l’étable, les habits, etc.


La trame de ces rites est la même dans toutes les religions : une invocation au Dieu suprême, une formule expliquant la demande propre à l’objet avec mention de ce qui s’y rapporte, un acte significatif : aspersion, encensement, imposition des mains ; des gestes sacrés ; d’autres prières tirées des Écritures et se rapportant au même objet par allusion directe ou par symbole, des demandes à des dieux intermédiaires ou à de saints personnages défunts, intercesseurs. Ainsi procède le brahmane, le rabbin ou le prêtre. Je ne puis vous donner des détails ; il faudrait étudier la composition du collectif invisible de chaque religion, le côté magique de la langue sacrée qu’elle emploie, le son des mots latins, hébreux ou sanscrits, leurs valeurs hiéroglyphiques, le dynamisme des gestes du sacerdote, et combien d’autres éléments encore.


Mais ce que je viens d vous dire suffit sans doute à vous faire voir que, si les théologies n’en parlent pas, les inventeurs des rites croyaient à la vie des choses.


Sur mille prêtres qui récitent : « Exorcizo te, creatura aquae, ou « auri », ou « thuris », etc... »., neuf cent quatre-vingt-dix-neuf ne voient là qu’une formule littéraire, et non pas l’expression d’une réalité. Et combien d’officiants prononcent sur les degrés de l’autel : « Asperges me, Domine, hyssopo, et mundabor », sans se douter que, si leur prière est humble, descend, à cette seconde, des profondeurs refoulées de l’Invisible, un purificateur qui lave vraiment la forme occulte de leur âme ?


De cette digression ne retenez qu’une chose : c’est que l’Invisible existe et qu’il bouge à la voix de l’homme. Ne lui parlez donc pas en vain ; gardez-vous de l’idolâtrie des formes et de la superstition de l’ésotérisme ; si vous avez besoin des rites pour vous appuyer, prenez ceux du catholicisme ; il n’en existe pas de meilleurs. Si vous n’en sentez pas le besoin, laissez-les ; mais souvenez-vous alors, à toute minute, des graves paroles de Jésus : « C’est ce qui sort de la bouche de l’homme qui le souille. »


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Vous me pardonnerez d’évoquer, à propos d’un sujet aussi connu que l’hygiène, les paroles les plus vénérables, et le Type même de toute sainteté. Mais tout est dans tout ; et les choses se magnifient à proportion de l’ardeur du regard qui les contemple. C’est dans les objets qu’il faut mettre de la grandeur, tandis que nous nous prosternons devant les voiles précieux des divines clartés. Ainsi nous sortirons des opinions courantes, des philosophies, de l’empirisme, de l’expérience borgne et de la raison myope.

 

Aucun explorateur, aucun alpiniste, aucun aéronaute ne peut embrasser d’un coup d’oeil la moitié seulement de la surface de la terre. Le métaphysicien, le savant ne peuvent pas davantage saisir l’ensemble de la Nature. Supposez un voyant idéal, posté au centre de ce globe, et dont le regard percerait les abîmes liquides et les croûtes géologiques ; il pourrait se rendre compte de la vie terrestre in toto. Cette hypothèse, impossible au matériel, est possible au spirituel ; abandonner tous les systèmes de connaissance révélés par les dieux ou inventés par les hommes, « renoncer à soi » de toutes manières, et « suivre » le Verbe Jésus jusque dans Sa résidence, on parvient ainsi à ce poste central d’observation où confluent la biologie, la métaphysique, l’ontogénie et la morphologie, où les êtres apparaissent sans voiles, où coule le sang même de la vie universelle, où enfin toute antinomie se résout dans l’équilibre de l’Etre, du Néant et du Savoir.


Cette plateforme, le coeur du monde, est aussi notre coeur spirituel qu’illumine l’étincelle divine, la semence de Lumière, l’âme par laquelle nous pouvons nous dire des hommes. C’est le plan de l’unité, de la vérité, de la vie, c’est l’état où notre intellect, notre sensorium et notre sentiment ne sont qu’une seule force dans la main de la volonté ; c’est la Lumière que tamisent les versets évangéliques ; c’est le système de canaux qui relie une créature à toutes les créatures ; c’est le roc de la stabilité intérieure ; c’est le sentier imperceptible, le plus court de tous les chemins.


L’âme est l’absolu au sein du relatif, l’éternel immergé dans le temps, l’infini dont se sature l’espace. De même que, en tournant le pignon central d’une horloge, tous les rouages tournent, de même modifiez l’état de votre coeur et ses mobiles ; vous modifierez vos méditations, vos affections, vos actions et jusqu’à vos sensations. Ainsi a-t-on dit avec justesse : « Aime et fais ce que tu veux ». Joignant ma voix inconnue aux exhortations puissantes des anciens chevaliers de Dieu, je vous adjurerai à mon tour.


Choisissez votre idéal. Il est impossible d’en trouver un plus beau que le service d’autrui ; mais choisissez le mode de ce service ; et ensuite mettez-vous au travail ; réalisez dans tous les plans, par tous les moyens ; ne regardez pas en arrière, mais en avant. « Servir, servir et rien de plus ».


L’Amour est le Maître, le Dieu, le Mystère suprême, le Néant, l’Ignorance, la Toute-puissance et l’Omniscience. Il est l’initiateur pour le monde et pour l’homme ; il est sa propre raison, le commencement et la fin de tout ; il est la souffrance et la récompense, la folie et la sagesse, la mort et la vie. Je vous propose cette pierre philosophale qui est un feu vivant, cet élixir qui guérit tout, cette arme qui brille dans les yeux des enfants et des saints. Sa présence change l’enfer en paradis ; son absence glace et enténèbre les plus radieuses splendeurs.


Puissiez-vous recevoir l’initiation ineffable de l’Amour ! Vous y gagneriez le sens vif de votre identité ; vous mettriez à leur place les choses de ce corps, puisque c’est de lui que nous nous occupons aujourd’hui ; vous n’en prendriez soin que comme d’un vêtement admirable et précieux.

 

De même que les princes et les femmes fascinent la foule par la beauté de leurs costumes, la vue de notre corps enchante parfois certains êtres invisibles ; il faut donc entretenir pur et sain ce chef d'œuvre de Dieu. Traitons-le, par respect pour son Auteur, avec sollicitude et fermeté ; mais, si c’est la crainte de la fatigue, la sensualité, la vanité qui nous guident, ces déesses néfastes, évoquées par nos coeurs, viendront un jour habiter ce corps mal choyé et lui apporteront la laideur ou la maladie.


Voici la grande leçon que je voudrais inculquer en vous jusqu’au tréfonds de vos intelligences et surtout de vos coeurs. C’est que l’homme est l’image de Dieu ; il porte le sceau de l’Unité et ne peut remplir sa fin que dans la mesure où il consomme cette Unité, en lui et autour de lui.


Mais, objecterez-vous, tout est multiple dans cette création ; tout se divise, s’oppose, se combat, se tue et se dévore ; rien ne s’agglomère et ne s’organise que pour redevenir un peu plus tard de la décomposition et de la putréfaction. Les êtres semblent ne s’aimer que comme s’ils se haïssaient ; tous sont en fureur ; la vie est une tuerie incessante ; le minéral, la plante, l’animal, la société, les eaux, les montagnes, les sentiments, les idées, les religions, les peuples, les continents, les planètes, tout cela s’exècre, ne respire que la destruction et ne semble avoir d’autre but que le retour du chaos primordial.


Certainement oui, telle est la loi de la matière. Mais la loi de l’Esprit, c’est l’unification, la synthèse et l’amour. L’un et l’autre obéissent à leur nature propre. Supprimer le corps au profit de l’intelligence, et l’intelligence au profit de la volonté, ce ne serait pas résoudre le problème de l’unification de l’homme. On obtiendrait une entité abstraite et non un organisme vivant. Ce serait un regrès et non un progrès, un meurtre et non une création.


Rendre ce corps homogène ou cette intelligence immuable n’est pas davantage une solution ; ce serait créer de l’immobilité, de l’inertie, quelque chose d’anti-naturel, d’antivital au premier chef.


La solution, c’est que chaque organisme coopère, dans son plan, au mouvement central, à l’évolution générale de l’être dont il fait partie. Nos corps viennent du royaume de la multiplicité ; nos coeurs viennent du royaume de l’unité. L’oeuvre à entreprendre, quant au sujet qui nous occupe aujourd’hui, est donc de rassembler en un faisceau les mouvements divers des muscles, des organes, des nerfs, de toute notre vie physique, et de les faire concourir à l’expression la plus parfaite de l’activité centrale et une de notre âme. Pratiquons la sincérité. Il faut que la propreté du corps, l’élégance de l’attitude, la netteté du vêtement ne soient pas les masques d’une intelligence obtuse, d’un coeur malsain, d’une volonté veule, mais les images vraies des vertus de l’homme intérieur.


La doctrine des Jésuites, qui est aussi la vieille doctrine de l’ésotérisme, à savoir que les actes finissent par produire en soi les sentiments qui leur correspondent, est bien vraie ; mais l’application en reste délicate. Tandis que la doctrine de Jésus peut être mise sans danger dans les mains les plus faibles ou même les plus perverses.


Elle demande de purifier l’interne, et l’externe se purifiera de lui-même ; elle conseille de ne pas mettre de pièce neuve à un vieux vêtement, et le Père fera tisser par Ses anges le vêtement nouveau ; elle ordonne enfin de se soumettre par la patience et, après avoir conquis de la sorte la pleine possession de soi, le Seigneur nous donnera le gouvernement de l’un de Ses domaines.


Le soin des plus petits détails est indispensable pour la réussite de cette entreprise immense. C’est pourquoi je n’ai pas cru indignes de votre attention ces quelques rapides aperçus de l’ésotérisme de l’hygiène.


12 décembre 1910

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