les amitiés spirituelles

Texte présenté lors de l’assemblée générale du 19 septembre 2009

Cette journée qui nous rassemble, alors que nous provenons tous d’horizons divers, est une occasion de fête ; une joie annuelle qui se poursuit depuis bientôt 90 ans puisque c’est l’âge vers lequel tend notre compagnie, le tout dans le souvenir des paroles de notre fondateur, Sédir (1871-1926), qui disait qu’elle est appelée à un long avenir. Quand on constate la durée de vie éphémère des associations – et je ne parle pas ici des partis à tendances sociales ou politiques – nous pouvons être heureux de pouvoir partager ce moment de retrouvaille.


Si le Ciel nous a prêté vie, ce n’est pas que nous soyons meilleurs que les autres, ce serait de l’orgueil que de le croire ; c’est bien plutôt parce que les membres des Amitiés Spirituelles ont une vocation à  vouloir s’effacer devant Celui qu’ils ont pris pour seul Maître, le Christ. Sédir le premier en à montré l’exemple : il n’a jamais voulu qu’aucun de ses amis ne le suive pour lui mais seulement qu’autant que lui-même servait la cause de Son Seigneur et Ami. Car les Amitiés Spirituelles, c’est avant tout l’histoire d’une rencontre et c’est cette heure heureuse qui nous a enfanté ; non pas seulement les premiers amis de Sédir mais nous autres également, qui nous voulons ses continuateurs dans cet effort permanent de rapprocher les hommes de Dieu.

 

Souvent l’on est porté à regarder en arrière le chemin parcouru et, certes, cela a quelque utilité. Il est toujours bon de savoir d’où nous provenons. Mais de fait, seuls quelques jalons sont nécessaires à nos besoins, à notre compréhension immédiate pour pouvoir agir. Car, ce que souhaitait Sédir avant tout, c’était de rassembler dans un même effort les bonnes volontés éparses à travers le monde. Sans aucun doute il y est parvenu dans une certaine mesure, ce en tenant compte des aléas de la vie terrestre.


*

*   *


Les Amitiés Spirituelles, à la demande de compagnons de la première heure de Sédir, ont vu le jour en juillet 1920, à la sortie d’un des plus grands bouleversements du XXème siècle. Sédir avait en effet démissionné dès 1909 des quelques vingt cinq organisations initiatiques et ésotériques qu’il avait fréquenté dans sa jeunesse, ce suite à sa rencontre avec cet « Inconnu » qu’il évoque avec superbe dans « Initiations » et qu’il avait bien connu entre 1897 et 1905. L’orientation de Sédir vira définitivement et uniquement vers la mystique chrétienne et le temps qu’il prit pour la fondation des Amitiés Spirituelles fut pour lui une lente mais sure maturation de ce qu’il y avait de meilleur en lui.


L’association a été déclarée officiellement comme étant à caractère libre et charitable, ce qui en fixe les moyens et les buts : servir le Christ en esprit et en vérité.


A la mort de Sédir, la surprise fut générale, personne n’ayant rien vu venir, sinon rétrospectivement. Après une période d’interrogation et de doute aussi sur la poursuite ou non de l’œuvre sans la présence corporelle de Sédir, en 1928, l’activité repris son cours normal (avec une reparution du bulletin des Amitiés Spirituelles, parution qui avait cessé en 1926, à la mort de Sédir), démentant ainsi les propos de certains biographes qui pensait que l’association périrait une fois le fondateur disparu. Il faut dire qu’à cette époque, la compagnie fut alors obombrée par la présence paternelle d’un autre serviteur du Ciel et dirigée par des intimes de Sédir : Emile Besson, Max Camis et  Albert Legrand. Une autre interruption eut lieu durant la seconde guerre mondiale et la reprise à l’issue du second conflit mondial ne fut pas des plus simples mais grâce à l’intervention de Marcel Renébon, les éditions reprirent ainsi que le bulletin. Albert Legrand nous avait quitté entre temps, en 1949. Emile Besson passa de l’autre côté du rideau en 1975 et le dernier compagnon intime de Sédir, Max Camis, en 1985, voilà déjà 24 ans.


Depuis, l’association poursuit, toujours dans le même esprit qu’à son origine, la diffusion du message de mystique chrétienne de Sédir, message qui provient en définitive du Seul Jésus, vers lequel nous tendons tous. Il est intéressant de constater que cette œuvre n’est nullement dépassée, tant elle offre des pages riches, d’une grande densité spirituelle, le tout dans un style d’une haute tenue et qui reste d’une actualité frappante avec notre époque. D’ailleurs, dans le fond, notre époque est la résultante de ce que Sédir voyait déjà dans le monde qui lui était alors contemporain.


Mais ces leçons de persévérance du passé, nous font à nous aujourd’hui, l’obligation d’être attentif et constant dans nos efforts. Si nous voulons que notre mouvement perdure et se développe, nous devons nous engager aux côtés du Christ, et de Lui seul. Quoi qu’on en dise souvent dans certains milieux, l’Orient ne produit pas toutes les lumières spirituelles existantes et il nous appartient de rappeler notre tradition christique face aux invasions culturelles et religieuses que ces terres lointaines tentent de nous imposer depuis plus d’un siècle maintenant. Jésus est aussi vivant aujourd’hui qu’il pouvait l’être voici plus de 2.000 ans et ses promesses restent d’actualité, d’autant qu’il a dit à ses disciples qu’Il serait avec eux jusqu’à la fin du monde. Si nous en étions convaincu, quelle ardeur ne déploierions nous pas à la diffusion de son enseignement ? De quelle énergie ne serions-nous pas pénétré ? Quel sacrifice serait trop lourd à nos épaules ?


Les Amitiés Spirituelles, c’est à côté des grandes institutions religieuses de l’Occident, cette voie particulière, cette invitation de Jésus qui permane à travers les temps et les époques et qui évite à certains de se perdre plus avant dans les limbes séculaires de l’Adversaire ; qui permet de retrouver le chemin de la bergerie ; chemin qui soulève, s’il plait à Dieu, les rideaux qui nous séparent du Royaume de son Père. Voilà sans doute ce qui fait l’originalité et la responsabilité de tout engagement au sein de notre compagnie mais qui en donne aussi, ne l’oublions surtout pas, toute la joie correspondante.






 Nous écrire